Discours de Notre Saint Père Benoît XVI
Vénérés Pères synodaux,
chers frères et sœurs, chers étudiants universitaires!
À la fin de cette
rencontre de prière mariale, j'adresse à tous mes salutations les plus
cordiales, avec un sentiment de reconnaissance particulière envers les Pères
synodaux ici présents. Je remercie les autorités italiennes qui ont soutenu
cette initiative et surtout la Secrétairerie générale du Synode des Évêques,
ainsi que le Bureau pour la pastorale universitaire du Vicariat de Rome qui
l'ont promue et organisée.
Chers amis universitaires de Rome, je vous adresse également mes
remerciements sincères pour avoir répondu aussi nombreux à mon invitation. Comme
vous le savez, se déroule ces jours-ci au Vatican, la Deuxième Assemblée
spéciale du Synode des Évêques pour l'Afrique. Le fait de se réunir ensemble, le
Successeur de Pierre, de nombreux Pasteurs de l'Église en Afrique et des experts
qualifiés, constitue une raison de joie et d'espérance, exprime la communion et
la nourrit. Les Pères de l'Église comparaient déjà la communauté chrétienne à un
orchestre ou à un chœur bien ordonnés et harmonieux, comme ceux qui ont animé
notre prière et auxquels vont nos remerciements.
Comme à l'occasion
d'événements précédents, nous avons également eu recours ce soir à des
techniques modernes de télécommunication pour "tisser un réseau" - un réseau de
prière! - qui relie Rome à l'Afrique. Ainsi, grâce à la collaboration de
Telespazio, du Centre Télévisé du Vatican et de Radio Vatican, de nombreux
étudiants universitaires, avec leurs pasteurs, ont pu prendre part au Rosaire
depuis différentes villes africaines. Je leur adresse un salut affectueux.
Frères et sœurs de langue française, particulièrement vous qui nous avez rejoint
depuis le Burkina Faso, la République Démocratique du Congo et l'Égypte, je vous
adresse mon salut très cordial. Je vous invite à demeurer unis par la prière aux
Évêques de toute l'Afrique réunis à Rome en Synode, afin que l'Église puisse
apporter une contribution efficace à la réconciliation, à la justice et à la
paix, sur ce continent bien-aimé et qu'elle soit un signe authentique
d'espérance pour tous les peuples africains, "Sel de la terre... et lumière du
monde". Que la Vierge Marie, Notre-Dame d'Afrique, vous garde dans la paix et
vous guide vers son Fils Jésus, le Sauveur! Que Dieu vous bénisse!
Chers amis, je salue avec affection les nombreux jeunes étudiants, spécialement ceux venant du Kenya, du Nigeria, d'Afrique du Sud et du Soudan, qui nous ont rejoint pour notre prière à Marie, la mère de Jésus. Nous avons confié à sa protection maternelle le succès de cette Deuxième Assemblée Spéciale pour l'Afrique du Synode des Évêques. Que son intercession puisse soutenir partout les chrétiens, notamment les peuples d'Afrique, et que son exemple nous apprenne à nous tourner vers le Seigneur et à persévérer dans la prière dans nos joies et dans nos peines. J'adresse un salut spécial aux jeunes hommes et aux jeunes femmes d'Afrique qui sont présents dans mon cœur et dans mes prières. Soyez toujours des témoins intransigeants et des promoteurs actifs de justice, de réconciliation et de paix.
Je salue les universitaires réunis à Maputo avec le rosaire en main et le nom de Marie sur les lèvres, priant avec l'Afrique et pour l'Afrique, pour que les fidèles chrétiens, remplis de l'Esprit Saint, puissent porter à terme la mission reçue de Jésus: être le sel d'une terre de justice et la lumière qui guide le monde pour la réconciliation et la paix. Merci, mes amis, pour votre prière et pour votre témoignage chrétien! Que veille sur vous la Vierge Marie, à laquelle je confie toute la jeunesse du Mozambique et des autres pays africains de langue officielle portugaise.
Pour préparer la rencontre d'aujourd'hui, un congrès s'est tenu à Rome,
organisé par la Direction générale pour la coopération au développement du
Ministère des Affaires Étrangères et par le Vicariat de Rome sur le thème: "Pour
une nouvelle culture du développement en Afrique: le rôle de la coopération
universitaire". En vous exprimant ici toute mon appréciation et mon
encouragement à poursuivre ce projet, je désire souligner combien la formation
de jeunes intellectuels et la collaboration scientifique entre les Universités
sont importantes pour proposer et animer un développement humain intégral en
Afrique et sur les autres continents. Dans ce contexte, je vous ai remis
idéalement, chers jeunes, l'Encyclique "Caritas in veritate", dans laquelle je
rappelle l'urgence d'élaborer une nouvelle synthèse humaniste (cf. n. 21) qui
renoue les liens entre l'anthropologie et la théologie. En méditant les mystères
du Saint Rosaire, nous avons encore une fois rencontré le vrai visage de Dieu,
qui, en Jésus Christ, nous révèle sa présence dans la vie de tous les peuples.
Le Dieu de Jésus Christ chemine avec l'homme et grâce à Lui il est possible de
construire la civilisation de l'amour (cf. idem n. 39). Chers universitaires de
Rome et d'Afrique, je vous demande d'être, dans l'Église et dans la société, des
opérateurs de la charité intellectuelle, nécessaire pour affronter les grands
défis de l'histoire contemporaine. Soyez dans les Universités des chercheurs
sincères et passionnés de la vérité, construisant des communautés académiques de
haut niveau intellectuel, où il est possible d'exercer et de jouir de cette
rationalité ouverte et ample qui ouvre la route à la rencontre avec Dieu. Sachez
créer des ponts de collaboration scientifique et culturelle entre les
différentes Universités, surtout avec les Universités africaines. À vous, chers
étudiants africains, j'adresse un appel particulier à vivre le temps des études
comme la préparation d'un service d'animation culturelle à assurer dans vos
pays. La nouvelle évangélisation en Afrique compte aussi sur votre généreux
engagement.
Chers frères et sœurs, par la récitation du Saint Rosaire, nous
avons confié le Deuxième Synode pour l'Afrique à l'intercession maternelle de la
Sainte Vierge. Remettons entre Ses mains les espérances, les attentes, les
projets des peuples africains, tout comme leurs difficultés et leurs
esouffrances. À ceux qui sont en liaison avec nous depuis différentes parties
d'Afrique et à vous tous ici présents, je donne de tout cœur ma Bénédiction
apostolique.